La contrefaçon, nouvel Open source ?

La contrefaçon s’émancipe et ne cesse de croître avec l’intervention du géant chinois, Alibaba. Cet acteur majeur, devenu incontrôlable, fait sa fortune sur le commerce du faux. Ainsi, les marques ne sont plus à la hauteur pour contrer l’empire du milieu et vont devoir fermer.

A l’avenir, la capacité de production ne sera plus chez l’offreur et la prophétie de Chris Anderson se réalisera…

La contrefaçon grandissante

Tout d’abord, le marché du luxe au niveau des produits personnels représentait 236 Mds de dollars en 2016 contre 253 milliards d’euros en 2015¹. Le secteur s’essouffle, ce qui semble démontrer que ce n’est pas sans raison. Cela est dû, en grande partie, à la banalisation des produits de luxe (phénomène de fuite du luxe), avec une demande privilégiant la consommation plutôt que le produit en lui-même.

Ensuite, on relève alors que l’intention d’acheter ne retranscrit qu’une décision émotionnelle, l’achat devient alors la caractérisation d’une appartenance à un groupe élitiste, sans apporter d’importance au prix.

Et c’est comme cela que la contrefaçon prend place et chaque jour mange un peu plus le capital du marché du luxe, à l’aube d’une époque où peu importe le prix, la qualité, face à la possession d’une marque.

Une occasion qu’a su saisir le groupe Alibaba, en construisant un empire sur « le luxe du faux », et en construisant une nouvelle mode, celle « du sentiment d’être unique, à moindre coût » par l’intermédiaire des Marketplaces.

Ce qui nous pousse à nous interroger sur la place du luxe dans nos armoires. Serions-nous tentés de laisser entrer de parfaites imitations à moindre coût, flattant notre égo et notre portefeuille ?

Alibaba leader de la contrefaçon

En 2013, le marché mondial de la contrefaçon représentait 461 milliards de dollars, soit le PIB de l’Autriche.

Le pays leader sur ce « marché » est sans surprise la Chine qui constitue plus de 60% de la copie mondiale.

Alibaba, célèbre groupe chinois de commerce en ligne, englobe à lui seul la majorité de la contrefaçon chinoise. D’ailleurs son prési dent Jack Ma ne s’en cache pas et a créé le buzz en déclarant le 15 juin 2016 que « les faux produits présentent aujourd’hui une meilleure qualité et un meilleur prix que les vrais produits »

Aujourd’hui, Alibaba souhaite conquérir le reste du monde.  Le groupe, qui compte actuellement 450 millions de clients pour la plupart chinois, ambitionne de servir 2 milliards de consommateurs dans le futur.

Depuis 2009, le géant chinois a utilisé la célèbre journée des célibataires, prévue le 11/11, en une véritable opération commerciale. Les chiffres sont colossaux : en seulement 12 minutes, Alibaba a écoulé 1,5 milliard d’euros de marchandises, l’entreprise obtient 13,31 milliards d’euros de chiffres d’affaires à la fin de la journée en 2015, Alipay (système de paiement) a opéré 710 millions de transactions et les acheteurs/vendeurs provenaient de 232 pays différents.

Le succès d’Alibaba rend alors Jack Ma, autrefois enseignant, l’homme le plus riche de Chine. Selon Forbes, Jack Ma serait le premier entrepreneur chinois qui parvient à être en couverture de Forbes.

Avec 560 millions d’internautes, la Chine peut donc être considérée comme le plus grand marché Internet du monde.

Le leader du E-commerce s’exportant de plus en plus dans les pays occidentaux, l’Europe et les USA peuvent craindre quant à l’expansion de ces faux.

Bienvenue dans la longue traîne des objets

Certains économistes considèrent aujourd’hui que le commerce mondial va devenir l’industrie du « no logo ».  Les entreprises ne se différencient plus par leurs marques !

L’accélération de la mondialisation des échanges et du développement de la vente par Internet amplifie les risques de contrefaçon. Les prix sont tellement attractifs et la ressemblance est quasi parfaite que les consommateurs se tournent naturellement vers des sites de commerce en ligne comme celui d’Alibaba.

Est-ce la fin des marques?

Tout est logique, si la contrefaçon prend une ampleur totalement incontrôlable, que l’on ne peut plus rien protéger, où serait l’intérêt des brevets et dépôts de marque ?

Si plus de dépôt de marques, plus de propriété intellectuelle donc plus de dynamisme de la créativité des entreprises et donc chute de l’économie.

Les utilisateurs vont devoir co-programmer et Alibaba ne sera plus intéressant pour les clients. Les utilisateurs vont devenir maîtres de l’innovation et ce sera le retour du pouvoir du consommateur.

Un monde où Apple ou Louis Vuitton mettront la clé sous la porte… Un monde où chacun d’entre nous sera acteur de la production.

En effet, ce que cherche l’open source, c’est la totale absence de barrières, où les secrets commerciaux des grandes entreprises circulent librement. Une fois l’usine d’auto fabrication (usine dans les nuages, connectée à des imprimantes 3D) entrée dans les foyers, les consommateurs pourront cliquer sur Fabriquer dans les menus des logiciels, quel que soit le type d’ordinateur utilisé. La nouvelle ère marquera la fin du monopole des industries.

Simplement, nous en verrons plus d’innovations, dans plus d’endroits, venant de plus de gens, destinées à des niches plus étroites³.

La fin d’Alibaba ?

En bref, Alibaba va prendre le contrôle total du e-commerce et de la contrefaçon. Les marques ne pourront plus se défendre et attaquer le géant en justice car il a de toute façon le monopole en tout point. Elles vont devoir mettre la clé sous la porte puisqu’elles ne seront plus à la hauteur pour contrer l’empire du milieu.

Mais pour qu’il y ait du faux, il faut du vrai. Alibaba ne résistera pas sans les marques et coulera avec ses concurrents.

Dans les années à venir, un “Open Source” de la consommation s’offrira à nous. Un univers où chacun participera à la production, que ce soit les logiciels, le design, la fabrication, la livraison etc.

“L’Open Source émane d’un esprit de liberté et de coopération”, tel est le destin de ce nouveau monde.

Samuel, Sandra, Laura et Mylène

SOURCES

1 CES STRATÈGES DE L’OMBRE PRÉPARENT L’AVENIR DU LUXE : http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/ces-strateges-de-l-ombre-preparent-l-avenir-du-luxe-1053218

2 L’OCDE publie un rapport sur la contrefaçon mondiale : http://www.iptwins.com/posts/view/896/l-ocde-publie-un-rapport-sur-la-contrefacon-mondiale

3 CHRIS ANDERSON : MAKERS, la nouvelle révolution industrielle.

 

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